Un très bon papier d'Alain Frachon dans le Monde daté de ce jour, titré : "L'euro, victime des pièges de l'idéologie", qui estime nécessaire que la BCE admette qu'elle jouera le rôle de prêteur de dernier recours pour les membres les plus endettés de l'union monétaire (ce que font déjà les autres banques centrales d'autres grands pays industrialisés).
Il cite Paul Krugman, Prix Nobel : "Sur les ruines de la guerre, les Européens ont créé des sociétés qui, sans être parfaites (...) sont sans doute les plus décentes de l'histoire de l'humanité. Et cela est menacé parce que l'élite européenne (...) arrime le continent à un système monétaire qui recrée des rigidités (...) aux allures de piège mortel."
Il est vrai que la question du rachat franc et massif de dettes souveraines par la BCE ou la création d'euro-obligations sont encore des gros mots. Et que dire de la réindustrialisation de la France ou de la hausse des salaires pour relancer la croissance ? Car oui, sans croissance (verte bien sûr) et sans une touche d'inflation, qui terrorise historiquement malheureusement encore l'Allemagne, la dette va rester un boulet pour des années sur l'ensemble du continent. Jean-Paul Fitoussi explique : "On se refuse à monétariser une partie de la dette, on se lie les mains avec une doctrine qui ne tient pas la route, mais qu'on a gravé dans nos textes".
N'est-il pas temps de revoir les dogmes pour s'ancrer dans le réel et préparer l'avenir ? Admettre que la croissance molle générée par des années de désindustrialisation et de stagnation des salaires ne peut être relancée par des politiques d'austérité ? Joseph Stiglitz, autre Nobel, ne dit pas autre chose.






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