

Notre Président a choisi, ce sera la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin ; alors qu'aucun membre du gouvernement français ne fera l'effort de se déplacer à Mexico pour la conférence mondiale sur le SIDA.
M. Sarkozy sera présent à Pékin le 8 août et se justifie en arguant de sa qualité de Président de la République, mais aussi de Président en exercice du Conseil européen. Cet argument convainc peu, car il n’existe pas une position unique sur ce sujet en Europe. Plusieurs chefs de gouvernement européens, notamment la chancelière allemande Angela Merkel, ont annoncé qu’ils n’assisteraient pas à la cérémonie...
Bien sûr l'avantage de ces jeux est qu'ils permettent de mettre en relief des sujets souvent occultés, tels le séparatisme chinois et le terrorisme asiatique, la censure sur internet - corollaire d'une politique des droits de l'homme "à la chinoise", ou encore la pollution extrême des grandes mégapoles du pays.
Pour autant la XVIIe Conférence internationale sur le sida, réunissant des représentants des secteurs scientifiques et technologiques, des leaders politiques, des activistes et des organisations de la société civile méritait plus que le déplacement d'un simple ambassadeur !
En tout, plus de 20.000 délégués du monde entier débattent du sida durant les six jours que durera cette conférence. Cette pandémie a, en un quart de siècle, déjà fait quelque 25 millions de victimes. Les femmes représentent désormais la moitié des 33 millions de personnes infectées dans le monde. L'objectif fixé par les pays membres de l'ONU de permettre à tout le monde d'accéder à la prévention ou au traitement d'ici à 2010 paraît intenable. Pour l'Onusida, il faudrait 42 milliards de dollars par an pour parvenir à un accès universel.
Les professeurs Luc Montagnier et Robert Gallo, à l'origine de la découverte du virus du sida à quelques mois d'écart, en 1983 et 1984, déploraient en mai la lenteur des progrès face à l'épidémie, à l'ouverture d'un colloque à Paris pour le 25e anniversaire de l'identification de ce virus.
L'effort doit donc se poursuivre et s'amplifier au niveau international, au niveau des Etats et des laboratoires ; à condition qu'ils le veuillent vraiment !
Quant à la stigmatisation des malades et les discriminations exercées à leur encontre, on est bien loin d'une situation rêvée, en Occident comme ailleurs ; même si elles ne prennent pas partout les mêmes formes.
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