Les sans-papiers qui occupaient le restaurant l'Ile à Issy se sont finalement vus délivrer un récépissé de titre de séjour et d'autorisation de travail de trois mois par la sous-préfecture de Boulogne.
C'est ainsi près de 400 régularisations qui ont été effectuées après deux mois de mouvement en Ile de France. Au-delà de ces régularisations "par le travail", par rapport à laquelle le gouvernement n'a pas défini de position claire, laissant chaque administration préfectorale prendre ses responsabilités, c'est toute la politique d'immigration de la France qui nécessite une remise à plat ; elle est en effet le symbole d'une difficulté, pour la droite mais quelquefois aussi pour la gauche, lorsqu'elle est aux responsabilités, à faire la part d'un certain "réalisme" et de l'humain.
Pourquoi le gouvernement a-t-il fait mine de vouloir réserver les métiers peu qualifiés aux seuls nouveaux entrants dans l'Union européenne ? A-t-on bien conscience des effets du "papy-boom" (qui explique une bonne partie de la baisse statistique du chômage) sur la main-d'oeuvre disponible en France ?
L'humanité dans l'approche que nous devons avoir de l'immigration, l'immigration choisie/subie comme fausse problématique d'une politique que nous ne pouvons maîtriser compte tenu d'enjeux qui nous dépassent très largement, le co-développement, le statut des étrangers en situation régulière en France, tous ces débats ont fait l'objet de confiscation électoralistes depuis bien des années, n'empêchant pas la passion de l'emporter, loin s'en faut.
Pour ce qui concerne la gauche, prenons donc des initiatives, qui, si elles ne résolvent pas tout contribuent à aller, selon moi, dans le bon sens. Ainsi, je suis signataire de la pétition à 'initiative de Pascal Buchet, premier secrétaire fédéral des Hauts-de-Seine, maire et conseiller général des Hauts-de-Seine, en faveur du droit de vote des étrangers en situation régulière aux élections locales. Je vous invite à nous rejoindre, pour tirer toutes conséquences d'une conception moderne de la citoyenneté qu'il nous faut maintenant partager.
Une autre initiative aurait été de ne pas voter aujourd'hui (à l'instar des Verts et de la Gauche unitaire), au Parlement européen, ce que d'aucuns surnomment déjà la "directive de la honte" : La directive Retour fixe à 18 mois la durée maximale de rétention des immigrés clandestins (en France elle est établie à32 jours, contre 20 mois en Lettonie). Ce texte interdit désormais à un immigré expulsé de revenir sur le territoire de l'Union européenne pendant une période maximale de 5 ans... Espérons que la promesse de Brice Hortefeux de ne pas changer le délai de rétention en France sera tenue. Le vendredi 20 juin l'association France-Terre d'Asile organise un grand rassemblement à 20 heures Gare Montparnasse à l'occasion de la Journée Mondiale des Réfugiés.
L'immigration est l'une de nos nouvelles frontières, nous aurons aussi à redéfinir celle de notre Europe après le "non" irlandais, c'est un débat pas si déconnecté... mais c'est pour une autre note.





Les commentaires récents