Pour ceux qui s'intéressent à la chose publique, il y a toujours à apprendre à participer ou à assister à un conseil municipal. A condition de savoir prendre des notes. En effet de précieuses informations sont livrées oralement en début de conseil, par M. le Maire, relative à l'activité de notre nouvelle communauté d'agglomération, Grand Paris Seine Ouest, notamment. Informations qu'aucun document écrit remis aux conseillers ne vient confirmer.
Concernant l'ordre du jour de cette séance, je suis intervenu sur les points suivants :
- Point n°6 : RESSOURCES HUMAINES : Approbation du principe de la mutualisation des Ressources Humaines de la ville d'Issy-les-Moulineaux et de la Communauté d'Agglomération Grand Paris Seine Ouest
Cette délibération nous a été présentée tout d'abord par Mme la Maire-adjointe avec un exposé assez long, radicalement différent du texte qui nous a été soumis. Il y a été rappelé la situation difficile du service RH de la Mairie en 2003, quelque temps avant la prise de décision de l'externalisation du service au privé (Stéria). Mme la Maire-adjointe a rappelé les remarques de la Chambre Régionale des Comptes par rapport à cette démarche, mais en passant rapidement sur la réinternalisation de certaines missions en 2008 du fait de l'échec de cette expérimentation. Il nous a été expliqué que la démarche de mutualisation du service RH était en discussion avec les fonctionnaires territoriaux depuis deux ans.
J'ai exprimé notre surprise que cette délibération soit examinée après la délibération sur le même sujet soumise à la séance du conseil de communauté du 30/09/2010 ; aucune commission n'a d'ailleurs été saisie de cette question à GPSO. Lorsqu'il a été demandé si un Comité Technique Paritaire du personnel de la Ville d'Issy s'était réuni pour donner un avis sur le sujet, il a été transmis aux élus de GPSO un document très succinct, daté de la veille (29/09) et approuvant la démarche à l'unanimité ! Côté GPSO, le scrutin devant permettre de désigner les représentants aux instances paritaires n'ayant pas réuni une participation suffisante, ces instances ne peuvent se réunir dans l'attente d'un prochain scrutin. Il pouvait être utile, en mirroir, de demander au CTP de GPSO de donner son avis sur la question ; mais apparemment il y a urgence...
J'ai indiqué que sur la méthode, la démarche paraissait déjà limite et j'ai moi aussi rappelé dans quel contexte cette nouvelle démarche de réorganisation s'inscrivait.
La mutualisation s'appuie sur un cadre règlementaire incontestable (article L. 5211-4-1 du Code Général des Collectivités Territoriales). Pour nous, le détail des changements envisagés, au travers de l'exposé de la Convention GPSO/Issy, n'est pas à mettre sur le même plan que la mutualisation de la direction de services de la commande publique de la communauté d'agglomération mise partiellement à disposition des villes d'Issy et de Chaville ; dans ce cadre une expertise sur des sujets très techniques peut être partagée et des groupements de commande envisagés. Nous avons d'ailleurs voté "pour", au moment où cette question a été abordée en conseil municipal. Rien de tel avec les Ressources Humaines, l'un des domaines régaliens de la gestion d'une ville, dont elle ne peut se défaire totalement.
M. le Maire et Mme la Maire-adjointe, pour justifier cette initiative, se sont faits un plaisir de citer les exemples de Besançon, Toulouse, Nantes, pour démontrer qu'il ne s'agissait pas d'une mesure originale. Or si l'on regarde ces cas de près - et je n'ai pas souhaité polémiquer sur ce point en conseil, non seulement la mutualisation dans ces villes s'inscrit dans une volonté de progrès et de transparence assumée (notamment au travers des compte-rendus que l'on peut trouver sur internet !), mais de surcroît aucune de celles-ci, villes de province (et qui ne se positionnent pas au sein de leur agglomération comme Issy au sein de GPSO) n'a procédé à cette mutualisation de façon aussi massive en terme d'effectif comme en terme de missions. C'est la totalité de l'activité qui va, dans les faits, être réalisée par GPSO (qui va mettre à disposition de la Ville 19 agents). La Mairie va supprimer du tableau des effectifs les postes actuellement occupés par les fonctionnaires territoriaux de la DRH ; ceux-ci étant "invités" à rejoindre la communauté d'agglomération. Les agents ensuite à disposition de la Ville le seront contre 898.189€ par an, somme réévaluée de 2% par an. Et si les coûts réels diffèrent de plus ou moins 10% du montant forfaitaire, les deux parties s'accorderont sur un réajustement du montant avant de 31/03 N+1.
Cette fixation sur le service RH depuis plusieurs années, dans le contexte que j'ai rappelé, aboutit aujourd'hui à ne plus pérenniser d'emploi RH sur la Ville et selon les modalités de cette "mutualisation" très particulière et à risquer d'éloigner les fonctionnaires de la Ville de ce qui devrait être leur service gestionnaire.
Si l'on résume, l'on peut dire que l'externalisation vers le privé ayant échoué l'on se rabat sur une "externalisation" à la communauté d'agglomération. Mais rien qui dénote une passion particulière pour la gestion des RH (à l'inverse des démarches construites menées dans les villes sus-mentionnées).
J'ai demandé à être renseigné sur les économies d'échelle envisagées ; il ne m'a pas été répondu sur ce point. Nous nous sommes donc prononcés contre la délibération proposée, que ce soit sur les modalités comme sur la "mutualisation" envisagée. Nous serons très attentifs aux bilans de cette démarche qui ne manqueront pas d'être réalisés.
Télécharger la délibération présentée à GPSO et la convention GPSO/Issy
- Point n°24 ARCHITECTURE - Approbation d'une convention de mandat avec la Société Publique Locale d'Aménagement Seine Ouest Aménagement pour la construction d'une piscine dans l'enceinte du Fort. Lancement du concours de maîtrise d'oeuvre et élection des membres du jury de concours.
Je suis intervenu en demandant confirmation que la désignation de cet équipement comme "2ème piscine" de la Ville n'était pas un abus de langage ; en effet des rumeurs font état d'une fermeture prochaine de la piscine Sevestre. M. le Maire-adjoint m'a indiqué qu'une "délocalisation" de la piscine Sevestre serait sans doute envisagée dans quelque temps ; piscine qui doit de toute façon être rénovée pour permettre l'accessibilité handicapés. Celle-ci, pourrait faire l'objet d'une reconstruction en partenariat avec les villes voisines.
J'ai remercié la majorité d'avoir pris en compte nos demandes de réflexion à la construction d'un espace de loisirs nautiques après la disparition d'un tel projet dans les objectifs de l'une de nos ZAC...
J'ai cependant constaté qu'il s'agissait d'un projet relativement banal car il ne s'agit pas d'un bassin de dimension olympique (25x20 m) même si quelques équipements complémentaires sont à souligner (bassin pour enfants, solarium, hammam) ; il aurait sans doute été possible de faire mieux, avec un espace de loisirs structurant et véritablement original, si l'on avait commencé par imaginer installer des équipements collectifs au sein du Fort (c'est-à-dire avant d'imaginer avant tout y construire des logements), bénéficiant a priori à la population de l'ensemble du quartier.
M. le Maire-adjoint est venu m'indiquer à la fin du conseil que cet équipement ne substituerait pas à un espace de loisirs dédié aux adolescents initialement prévu au même endroit ; celui-ci serait "délocalisé" côté stade Mimoun.
J'ai déploré qu'aucune carte du Fort, actualisée de ce projet, ne nous ait été remise, pas plus que l'étude de faisabilité. Le coût du projet s'élèverait à 15 millions d'euros TTC, la fin des travaux devant se situer fin 2013 (non je n'ai pas parlé des municipales prévues en mars 2014...).
Enfin j'ai relevé la problématique de la desserte. En commission, il m'a été indiqué que l'accès pour les usagers ou clients de la piscine se ferait sans doute essentiellement en transports en commun ; étant déjà inquiets quant aux difficultés de circulation lorsque les logements du Fort seront occupés, cela ne nous rassure pas. M. le Maire-adjoint à l'urbanisme a évoqué une ligne de bus dédiée Fort / Mairie d'Issy. Mais aucun plan d'ensemble digne de ce nom. A suivre.
Nous avons voté pour, avec ces réserves.
Point n°25 : ESPACES PUBLICS - Approbation d'une convention de mise à disposition du service Espaces verts de la Communauté d'agglomération Grand Paris Seine Ouest au profit de la Ville pour l'entretien des arbres d'alignement des voies départementales traversant le territoire communal.
Il semblerait que le choix du conseil général de reprendre en gestion directe à compter du 1er janvier 2011 l'entretien des arbres de la voirie départementale ait été fortement encouragé par l'accident de 2009 (la chute d'un marronnier sur un cycliste l'avait gravement blessé).
Une clarification des responsabilités ne peut qu'être bénéfique sur ce point tant il est vrai, ainsi que M. le 1er adjoint l'a souligné, que "l'étêtage des arbres est un métier".
En l'occurrence pour ce qui concerne l'affaire de 2009, une plainte a bien été déposée et reste en cours d'instruction par la justice. M. le Maire-adjoint, présent sur les lieux lors de la chute de l'arbre précédent quelque jours plus tôt, a même osé dire hors micro que "je l'avais suscitée"...
En fin de conseil, il nous est possible de poser des questions, hors séance.
J'ai demandé à connaître la nature du dispositif de substitution à la géothermie en cas de panne dans le Fort d'Issy. Il m'a été confirmé qu'une chaufferie à gaz serait installée au niveau de la future école du Fort et devrait apporter un point de soutien au dispositif. Il faudra être vigilant sur la réalisation et le fonctionnement de cet équipement, dont l'installation n'a pas été aussi valorisée par M. le Maire autant que le principe de la géothermie sur ce site lui-même.
M. le Maire-adjoint à l'urbanisme en a profité pour se féliciter de l'avis favorable du commissaire enquêteur sur ce projet de géothermie, en dépit de l'avis réservé de la Ville de Paris dans la mesure où celui-ci interdit désormais tout projet similaire dans la zone du XVème arrondissement de Paris. Le commissaire enquêteur, estimant que les risques n'étaient ni décrits ni analysés, n'a pas pris en compte cet argument pour rendre son avis.
En attendant cela témoigne de l'attitude de la ville d'Issy avec Paris ; on ne prend pas la peine de discuter un minimum en amont dans une logique de coopération minimale... quand les ressources sont limitées.





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