Lors du conseil municipal du 9 juin, une seule question à l'ordre du jour : la fusion des communautés d'agglomération Arc de Seine et Val de Seine.
Avec nos collègues socialistes de Vanves, nous nous sommes prononcés contre ce projet compte tenu de sa méthode d'élaboration et compte tenu de trop nombreuses incertitudes (ci-dessous notre communiqué). Se sont joints à nous les conseillers municipaux Verts et PCF.
Pour mémoire, rappelons que le nouvel établissement de coopération intercommunale (dénommé Grand Paris Seine Ouest - superbe nom qui évoque tout de suite un grand projet immobilier de standing ; qui donc a gagné le concours du nom parmi les 1600 participants ? - est-il vrai, comme le signale le Parisien dans son article du 6 juin, que c'est une agence de communication qui a finalement emporté le morceau ?) constituera un bassin de vie de 300 417 habitants sur une superficie de 32,38 km² dont 36% de forêts et d'espaces verts, comprenant 137 982 résidences principales, 20 000 entreprises et 160 000 emplois, 30 gares (Métro, RER, SNCF), 285 km de voiries et 256,2 km de réseau d'assainissement.
COMMUNIQUÉ DES ÉLUS SOCIALISTES D'ISSY-LES-MOULINEAUX ET VANVES
FUSION D'ARC DE SEINE -
VAL DE SEINE :
TROP D'INCERTITUDES ET DE QUESTIONS SANS RÉPONSES
Nous tenons tout d’abord à affirmer que nous sommes par principe favorables à
l’intercommunalité qui permet de dépasser la concurrence entre les territoires et de mettre en place une dynamique pour réaliser des projets communs culturels, économiques, d'encouragement aux associations, de développement durable, afin d’assurer une solidarité réelle entre communes. L’intercommunalité doit exister et rendre des comptes aux yeux des citoyens, elle doit être à l’image dans sa gouvernance des choix démocratiques des électeurs. Or aujourd’hui ce processus de fusion pèche gravement en ce domaine sur deux points :
1- Le projet de Grand Paris Seine Ouest (GPSO) se construit depuis plusieurs mois sans que les élus de gauche et les Verts n'aient pu participer aux travaux malgré leurs demandes répétées. La réponse de MM. Santini et Baguet était alors que nous, élus, serions informés en même temps que le public et que rien ne justifiait que nous ayons à débattre en amont. Cependant à aucun moment la population des deux intercommunalités existantes, Arc de Seine et Val de Seine, n’a été consultée sur ce projet. Tout juste l’a-t-elle été par un concours lancé auprès des habitants pour trouver le nom de la future entité. Etre informés en amont, être consultés sur le contenu de ce projet, avoir la possibilité de donner son avis sur le fond tel aurait dû être l’enjeu d’une véritable consultation.
2- Le déficit démocratique des communautés est manifeste. Si rien ne change, il n’y aura que 6 élus de gauche et des Verts sur 84 dans le futur conseil de GPSO. Un quasi vide démocratique. Quand à la parité, c'est proprement stupéfiant : 100 % d'hommes au bureau de l'agglo, 72% pour les conseillers communautaires. La loi est respectée, mais quelle occasion manquée d'avancer vers ce que souhaitent aujourd'hui les habitants. Il s’agit pourtant d’un domaine dans lequel il faudrait être innovant, avec la prise en compte de la diversité des opinions dans le pilotage de l'agglomération. Enfin, il existe de trop nombreuses incertitudes.
Incertitudes financières d'abord avec le flou sur la diversité des situations des communes en terme d'endettement, de capacité d'autofinancement, d'évaluation des charges transférées au point d'évoquer la nécessité de changer la Loi pour faire sécuriser la fusion. Incertitudes sur l'équité des territoires si nous considérons la loi SRU. 20% de logement social dans la communauté d'agglomérations cacherait de véritables disparités géographiques en son sein.
Incertitudes enfin sur la configuration territoriale. Alors que s'est engagée une vaste réflexion sur l'avenir et l'organisation de la zone centrale dense de l'Ile de France, que son mode de gouvernance fait débat, que le Président de la République annonce partout qu'il va réformer les collectivités territoriales et supprimer la taxe professionnelle, que l'existence des communautés d'agglomération n'est pas confirmée dans le « Grand Paris », une nouvelle entité va être créée qui mettra plusieurs années à se stabiliser et dont rien ne garantit qu'elle pourra se mettre en place et qu'elle aura sa légitimité dans la gouvernance future.
Enfin, de véritables inquiétudes existent sur la gestion des personnels transférés, le rôle donné à la sous-traitance et le recours aux régies. Les réponses et les dossiers donnés aux conseillers municipaux sont insuffisants à ce jour pour ne pas nous alarmer.
Aucune des conditions de réussite ne sont présentes aujourd'hui. Devant l'absence de réponse à nos différentes questions, il est impossible de savoir si nous sommes face à de réelles incertitudes et donc à une prise de risques inconsidérés ou si les promoteurs de ce projet avancent masqués pour des motifs inconnus. Dans l'état actuel de nos informations, nous sommes donc contre ce projet de fusion.
Les conseillers municipaux socialistes d'Issy-les-Moulineaux
Laurent Pieuchot - Gabrielle Santarelli - Joseph Dion - Kathy Similowski - Nicolas Moreau
Les conseillers municipaux socialistes de Vanves
Guy Janvier, Conseiller général - Lucile Schmid, Conseillère régionale – Anne-Laure Mondon - Jean-Cyril Le Goff – Fabian Estellano
Source image : site Democratie92, qui contient notamment une analyse intéressante sur la gestion des coûts à Arc de Seine
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